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La Quintessence 2003, joyau liquoreux de Bru-Baché

La Quintessence 2003 du domaine Bru-Baché est un jurançon moelleux issu de petit manseng passerillé sur pied et récolté par tries successives. Concentré mais tendu par une belle acidité, il illustre ce qui fait la singularité des liquoreux du Béarn face aux vins botrytisés du Bordelais.

Le domaine Bru-Baché est l'un des fleurons du Jurançon, cette appellation béarnaise qui produit parmi les plus grands vins liquoreux de France. La cuvée La Quintessence 2003 représente le sommet absolu du domaine : issue de petit manseng passerillé sur pied jusqu'en décembre, récoltée grain par grain lors de tries successives, elle concentre les sucres et les arômes à un degré d'intensité rare. Le mot Ardoneo, qui signifie brûlant en béarnais, évoque bien le soleil ardent nécessaire au passerillage des baies.

Dégustation de La Quintessence 2003

La robe ambre doré aux reflets cuivrés annonce un vin de concentration extrême. Le nez explose sur l'abricot sec, la mangue séchée, le safran, le miel de bruyère et la cire d'abeille. En bouche, la Quintessence déroule un nectar onctueux, d'une douceur enveloppante, équilibrée par une acidité vibrante qui empêche toute lourdeur. La finale persiste plus de trente secondes sur des notes de zeste d'orange confite, de gingembre et de fruits exotiques. Un vin d'émotion pure.

  • Cépage : petit manseng, passerillage sur pied
  • Récolte : tries successives, grain par grain
  • Sucres résiduels : environ 200 g/L
  • Accord : foie gras, tarte Tatin, roquefort

Passerillage ou pourriture noble

À Sauternes, la concentration des sucres vient surtout de la pourriture noble, un champignon qui perce la peau des raisins et en fait évaporer l'eau ; la page consacrée au Sauternes et à son sémillon botrytisé en détaille le mécanisme. En Jurançon, le petit manseng, aux baies petites et à la peau épaisse, se concentre plutôt par passerillage : laissés sur la souche jusqu'à l'automne avancé, les raisins se dessèchent au soleil et au vent du sud. Le résultat garde une acidité remarquable, qui donne aux grands jurançons leur fraîcheur caractéristique malgré leur richesse.

Les cépages du Jurançon

À côté du petit et du gros manseng, l'appellation autorise quelques cépages locaux plus rares, comme le courbu et le camaralet, cépage blanc rare du piémont pyrénéen. Ces variétés, cultivées sur les coteaux du piémont, en terrasses parfois escarpées, contribuent à la personnalité des vins de la région.

L'appellation produit aussi des jurançons secs, issus surtout du gros manseng, vifs et aromatiques, qui accompagnent les poissons et la cuisine du Béarn. Les moelleux, eux, se réservent au foie gras, aux fromages de brebis des Pyrénées ou aux desserts aux fruits.

Le Jura cultive des cépages locaux, savagnin, trousseau et poulsard, sur des terroirs de marnes bleues et de calcaires du Lias.

Vocabulaire de dégustation

Servir sud ouest bâches dans les conditions recommandées préserve sa palette aromatique.

Un liquoreux de ce niveau se sert frais, sans excès, pour que le sucre ne paraisse pas lourd, et se garde longtemps couché en cave. Il se déguste aussi seul, en fin de repas, à la place d'un dessert. Pour comparer avec un autre grand vin blanc moelleux de France, les Vouvray, du sec au moelleux, offrent des chenins capables de la même longévité. Avec modération.

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