Les vins du Beaujolais reposent sur un cépage, le gamay noir à jus blanc, et sur une géographie nette : granites et schistes au nord, où se trouvent les dix crus, argiles et calcaires des Pierres Dorées au sud. Entre primeur de novembre et crus de garde, il offre bien des nuances.
Le Beaujolais est l’un des vignobles les plus sympathiques de France, situé au nord de Lyon entre Mâcon et Villefranche-sur-Saône. Le cépage roi y est le Gamay Noir à jus blanc, qui produit des vins fruités, légers et gouleyants dans les appellations régionales, et des vins d’une vraie complexité dans les dix crus du Beaujolais. Ce territoire viticole a parfois été sous-estimé mais connaît une renaissance remarquable.
Trois niveaux d'appellation
Le vignoble se divise en trois étages. Le Beaujolais régional, surtout au sud, donne des vins faciles et fruités. Le Beaujolais-Villages regroupe des communes mieux situées, aux vins plus structurés. Les crus, enfin, sont dix appellations communales du nord, sur des sols de granite rose et de schistes, où le gamay atteint sa plus grande profondeur. Au sud, le pays des Pierres Dorées doit son nom à la couleur ocre de son calcaire, utilisé pour construire les villages.
Les 10 crus du Beaujolais et leurs caractères
Les crus du Beaujolais sont des appellations communales dont les vins peuvent rivaliser avec certains Bourgognes. Moulin-à-Vent est le plus structuré et le plus apte au vieillissement. Fleurie est floral et élégant. Morgon, avec ses terroirs de schistes, donne des vins profonds. Le cépage Gamay, sur ces granites et schistes, exprime une densité et une minéralité qui surprennent agréablement les dégustateurs.
- Moulin-à-Vent : puissant, garant pour la garde (5-10 ans)
- Fleurie : floral et soyeux, le plus poétique des crus
- Morgon : profond et minéral, le plus bourguignon
- Chiroubles : le plus élégant et le plus éphémère
Du nord au sud, la liste complète réunit Saint-Amour, Juliénas, Chénas, Moulin-à-Vent, Fleurie, Chiroubles, Morgon, Régnié, Brouilly et Côte de Brouilly. À Morgon, la côte du Py, colline de schistes décomposés, a même donné un verbe aux vignerons : un vin qui « morgonne » prend avec l'âge des notes de cerise à l'eau-de-vie et de kirsch caractéristiques.
La macération qui fait le style
Beaucoup de vins du Beaujolais sont vinifiés en grappes entières, selon une macération semi-carbonique : les raisins entiers fermentent en partie à l'intérieur des baies, dans une cuve saturée de gaz carbonique. Cette méthode donne des arômes de fruits rouges éclatants, de banane ou de bonbon anglais dans les vins primeurs, et des tanins souples. Les crus les plus ambitieux allongent les cuvaisons ou passent en fût pour gagner en structure.
Le Beaujolais nouveau, un primeur à part
Le Beaujolais se boit aussi en version Nouveau chaque troisième jeudi de novembre : un événement mondial autour d’un vin primeur fruité et juteux. Mais réduire ce vignoble à son Nouveau serait une erreur : les crus du Beaujolais méritent une attention sérieuse de la part des amateurs de cépage Gamay à son plus haut niveau d’expression.
Un cru se sert légèrement rafraîchi et accompagne la charcuterie lyonnaise, une volaille rôtie ou un plat de bistrot. Il trouve aussi sa place à table face à des rouges de Bourgogne plus réputés, comme ceux décrits dans la page sur la dégustation des pinots de Gevrey-Chambertin, et les idées d'accords de l'accord vin et poulet rôti s'appliquent très bien au gamay.




