Le Morgon Javernières 2010 de Louis-Claude Desvignes est un gamay de garde issu d'un lieu-dit voisin de la célèbre Côte du Py. Plus de dix ans après la récolte, il montre que les grands crus du Beaujolais peuvent vieillir et gagner en complexité, loin de l'image d'un vin primeur.
Louis Claude Desvignes est l'un des noms qui reviennent le plus souvent quand on parle de Morgon, ce cru du Beaujolais réputé pour ses vins de Gamay d'une profondeur étonnante. La famille Desvignes travaille sur les pentes de la Côte du Py depuis plusieurs générations, et leurs vins ont largement contribué à changer l image du Beaujolais auprès des amateurs exigeants.
Javernières 2010 : un gamay de caractère
La cuvée Javernières provient d'un lieu-dit situé sur les coteaux de Morgon, sur des sols de schistes décomposés (la fameuse roche pourrie locale). Le millésime 2010 a donné des vins concentrés et structurés dans le Beaujolais, et ce Desvignes Morgon ne fait pas exception. Le nez évoque le kirsch, l'iris, la mine de crayon et les épices avec une intensité qui surprend pour du Gamay. La bouche est ample, les tanins sont fins mais présents, et la finale s'étire longuement sur des notes minérales.
- Cépage : Gamay Noir à jus blanc, vinification semi-carbonique
- Terroir : schistes décomposés de la Côte du Py, Morgon
- Nez : kirsch, iris, mine de crayon, épices
- Garde : 8 à 15 ans, le vin gagne en complexité avec le temps
Morgon, la Côte du Py et ses climats
Morgon est l'un des dix crus du Beaujolais, ces appellations qui occupent le nord du vignoble. La Côte du Py, ancien relief volcanique arrondi au-dessus de Villié-Morgon, en est le climat le plus connu ; Javernières se situe sur son flanc. Les vignerons y parlent de « roche pourrie » pour désigner une roche altérée qui s'effrite en surface et donne des vins plus charpentés que dans les secteurs granitiques. On dit même d'un vieux Morgon qu'il « morgonne » lorsqu'il prend, avec l'âge, des notes de fruits à noyau et de sous-bois qui rappellent certains bourgognes.
Le Beaujolais exprime le gamay noir à jus blanc sur des granites roses et des arènes granitiques qui lui confèrent une minéralité saline et un croquant de fruit uniques. Les crus du nord, Moulin-à-Vent, Morgon, Fleurie, vieillissent plusieurs décennies avec grâce.
Servir un Morgon de plus de dix ans
Un Morgon de ce type se sert un peu rafraîchi, plutôt en dessous de la température d'une pièce chauffée, pour garder sa tension. Une heure en carafe l'aide à s'ouvrir si le vin paraît encore serré ; pour une bouteille plus fragile, on se contente de l'ouvrir à l'avance. Un verre à bourgogne, au large calice, met en valeur ses arômes floraux et épicés.
À table
Il accompagne une volaille de Bresse rôtie, un coq au vin, un filet de porc aux champignons, une andouillette ou une assiette de fromages de chèvre affinés. Pour comparer avec un autre cru du Beaujolais du même millésime, le Fleurie Les Garants 2010 du Domaine du Vissoux montre un style plus floral et plus aérien. Et pour situer ce gamay face à d'autres vins de 2010, la cuvée Silice 2010 de Coursodon à Saint-Joseph offre un contraste avec la syrah du Rhône nord.
