Ripa Alta est la cuvée d'altitude du domaine Camp Galhan, dans le Gard, sur les terres du Duché d'Uzès. Ce rouge de syrah et de grenache cherche à marier la générosité du Midi et la fraîcheur des coteaux élevés ; le millésime 2005 se goûte aujourd'hui comme un vin mûr.
Le domaine Camp Galhan est planté sur les contreforts des Cevennes, dans le piémont gardois qui borde l'appellation Duché d'Uzès. Les vignes grimpent entre 200 et 350 mètres d'altitude sur des sols de schistes et de grès, baignés par les senteurs de garrigue, de thym et de romarin. La cuvée Ripa Alta 2005 tire son nom de ces hauteurs : un vin rouge d'altitude qui conjugue concentration méridionale et fraîcheur montagnarde, un équilibre rare dans le sud de la France.
Le Duché d'Uzès, entre garrigue et Cévennes
Le vignoble du Duché d'Uzès s'étend dans le Gard, autour de la ville d'Uzès, entre les reliefs cévenols et la vallée du Rhône. Longtemps commercialisés en vins de pays, ses vins ont gagné en reconnaissance avec l'accession du secteur à l'appellation d'origine. Les rouges y reposent sur les cépages méditerranéens, syrah et grenache en tête, les blancs sur la viognier et les cépages rhodaniens. Le climat est méditerranéen, mais les nuits plus fraîches des coteaux aident à préserver l'acidité des raisins, ce qui donne aux meilleurs vins une tension que n'ont pas toujours ceux de la plaine.
Notes de dégustation de Ripa Alta 2005
Assemblage de syrah majoritaire et de grenache, la Ripa Alta 2005 de Camp Galhan dévoile une robe grenat sombre aux reflets violacés. Le nez associe fruits noirs (myrtille, cassis), violette, poivre de Sichuan et une note minérale de schiste chauffé. L'attaque en bouche est franche, les tannins serrés et granuleux, le milieu de bouche profond et le final long, marqué par la réglisse et le cacao. L'altitude apporte une fraîcheur et une précision que les vins de plaine ne possèdent pas.
- Cépages : syrah 70 %, grenache 30 %
- Terroir : schistes et grès, 200-350 m d'altitude
- Élevage : barriques et demi-muids, 12 mois
- Accord : sanglier en daube, caillette cévenole, pélardon
Syrah et grenache, un duo méridional
La syrah apporte la couleur, les arômes de fruits noirs et de violette, le poivre et une structure tannique serrée. Le grenache, plus solaire, donne la rondeur, la chaleur et des notes de fruits rouges confits. Leur assemblage est l'un des piliers des vins du sud de la vallée du Rhône et du Languedoc. Quand la syrah domine, comme ici, le vin gagne en tenue et en capacité de garde ; quand le grenache prend le dessus, il devient plus gourmand et plus rapidement accessible.
Servir un rouge du Sud évolué
Un rouge de cet âge a généralement quitté sa phase de fruit primaire pour développer des arômes de sous-bois, de cuir ou d'épices. Il gagne à être redressé quelques heures avant le service pour que le dépôt tombe au fond de la bouteille, puis servi sans excès de chaleur, légèrement en dessous de la température de la pièce. Un carafage court, juste pour séparer le vin de son dépôt, suffit souvent ; un passage trop long en carafe risque de faire perdre au vin ses notes les plus fines. Les accords de terroir restent les meilleurs : gibier, daube, fromages de chèvre cévenols.
D'autres rouges à comparer
Pour situer cette cuvée, la page consacrée au vignoble du Duché d'Uzès entre Cévennes et garrigue présente l'appellation. Le même millésime ailleurs en France offre des points de comparaison intéressants, du Château Seguin Pessac-Léognan 2005 en Bordelais au Clos du Fou 2005 du Château des Estanilles à Faugères, autre rouge de schistes du Languedoc.
