La cuvée Vieilles Vignes de Patrice Colin est un rouge des Coteaux du Vendômois issu du pineau d'Aunis, un cépage ligérien peu planté ailleurs. Poivrée, florale et légère en tanins, elle montre ce que ce raisin rare peut donner quand il vient de vignes âgées.
Patrice Colin est le vigneron qui a remis les Coteaux du Vendomois sur la carte des amateurs de vins de Loire. Cette appellation discrète, située au nord de Tours, cultive un cépage oublié du reste de la France : le Pineau d'Aunis. Avec ses arômes poivrés et floraux, ce cépage donne des vins d'une originalité absolue que Patrice Colin vinifie avec un naturel désarmant.
Le pineau d'Aunis, un cépage de la vallée du Loir
Ce raisin noir est cultivé de longue date dans la vallée de la Loire et de son affluent le Loir ; la tradition rattache son nom au prieuré d'Aunis, près de Saumur. Il a reculé au siècle dernier au profit de cépages plus productifs, avant de retrouver l'intérêt de vignerons attachés aux variétés locales. Sa signature est une note de poivre, parfois très nette, associée à des fruits rouges et à une matière légère. Dans les Coteaux du Vendômois, il est aussi à l'origine du vin gris, un rosé très pâle qui fait la spécialité de l'appellation.
Vieilles Vignes 2009 : le Pineau d'Aunis dans toute sa splendeur
La cuvée Vieilles Vignes est le fleuron du domaine. Issue de ceps âgés qui concentrent naturellement les arômes, elle offre un nez intense de poivre blanc, de violette, de framboise et de craie humide. En bouche, le Patrice Colin Vendomois est aérien, avec des tanins soyeux et une acidité croquante qui pousse à resservir. Le millésime 2009, solaire, apporte un surplus de maturité qui arrondit les angles sans écraser la fraîcheur du cépage.
- Cépage : Pineau d'Aunis (cépage autochtone de la Loire)
- Arômes : poivre blanc, violette, framboise, craie
- Millésime 2009 : solaire et mûr, rondeur et fruit
- Accords : charcuteries, rillettes de Tours, fromages de chèvre
Les Coteaux du Vendômois en quelques repères
L'appellation s'étend le long de la vallée du Loir, autour de Vendôme, sur des coteaux de tuffeau et d'argile à silex où l'on trouve encore des caves creusées dans la roche. Elle produit des rouges, dans lesquels le pineau d'Aunis domine et peut être complété par d'autres cépages ligériens, des blancs issus du chenin et le fameux vin gris. La production reste modeste et confidentielle, portée par une poignée de domaines familiaux et une cave coopérative. C'est ce qui fait l'intérêt de la région pour l'amateur curieux : des vins singuliers, rarement vus sur les cartes des restaurants parisiens, que l'on découvre souvent en allant directement chez le vigneron. Le travail de Patrice Colin a beaucoup fait pour la réputation de ce petit vignoble.
Servir et garder un vieux millésime de pineau d'Aunis
Les vieilles vignes donnent des raisins plus concentrés, ce qui permet à la cuvée de tenir plusieurs années en cave. Une bouteille déjà ancienne gagne à être ouverte un peu avant le repas et servie légèrement fraîche, à la température d'une cave, pour préserver son côté aérien. Un carafage brutal n'est pas nécessaire : un vin léger et évolué risque d'y perdre ses arômes les plus fins. Si un dépôt s'est formé, il suffit de redresser la bouteille quelques heures avant le service.
Accords à table et vins à comparer
La finesse du vin appelle une cuisine simple : rillettes, terrines, volaille rôtie, champignons ou fromages de chèvre de la région. Son poivre se marie aussi avec un plat légèrement épicé. Pour comprendre ce qui le distingue, il est intéressant de le goûter à côté d'un cabernet franc de Loire, comme le Chinon Coteau de Noiré de Philippe Alliet, ou d'un pinot noir de Bourgogne tel que le Savigny-lès-Beaune Vieilles Vignes du domaine Maréchal, issu du même millésime. Les différences de tanins et d'arômes sautent alors aux yeux.
